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Archives InterroGE - Question / réponse
Mise à jour: 14.09.2016

Archives InterroGE - Question / réponse

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D'où vient la tradition du Bonhomme hiver ?

Question répondue le 22.02.2018


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

En Suisse, c’est particulièrement à Zurich que cette tradition est très présente. Comme on peut le lire sur le site "Traditions vivantes" à la page "Sechseläuten" http://www.lebendigetraditionen.ch/traditionen/00106/index.
html?lang=fr
, à Zurich ,« les corporations zurichoises fêtent le Sechseläuten le troisième lundi d’avril et défilent en costumes historiques à travers la ville. A six heures du soir, le Böögg, représentation d’un bonhomme de neige et effigie de l’hiver, est brûlé sur la Sechseläuteplatz. […] La tête du Böög est bourrée de pétards ; plus vite ils explosent, et plus vite l’hiver s’en va. »

Dans le cas spécifique zurichois, des raisons sociales et politiques sont en lien direct avec cet événement « Le Sechseläuten est étroitement lié à l’émergence des corporations au 14e siècle. Elles perdirent certes leur importance politique au 19e siècle, mais poursuivirent leur existence sous forme d’associations de droit privé. »

Dans l'article sur "Zurich" http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F171.php dans "Dictionnaire historique de la Suisse" (DHS) nous trouvons encore les précisions suivantes : « Les corporations avaient des fonctions politiques et économiques, mais aussi sociales et culturelles. La vie publique était régulée par des mandats sur les mœurs. Issue de banquets corporatifs du bas Moyen Age, la fête du Sechseläuten, célébrant le début du printemps, se développa au XVIIIe s. (des cortèges défilèrent dès 1818). »

Comme spécifié dans cet article de 2013 paru sur le site de la la Radio télévision suisse (RTS) : "Le Böögg" http://www.rts.ch/emissions/dossiers/2011/evenements-popula
ires/4610609-le-boogg.html
:

« Il s'agit d'un bonhomme de neige qui renferme des pétards. Brûler des poupées à l'effigie de l'hiver est une tradition qui date d'avant le Sechseläuten et qui se retrouve dans d'autres cantons suisses. À l'origine, un Böögg était un personnage masqué fauteur de troubles effrayant les enfants pendant les périodes de carnaval. »

Pour vous faire une idée de cette coutume à Zurich, vous pouvez visionner grâce à cette vidéo http://bit.ly/2okAo3K de la RTS, la combustion du Böögg en avril 2014.

Pour en savoir plus sur les origines de ce type de coutumes suisses, dans un article en anglais intitulé "Tradition goes up in flames" http://bit.ly/2F0BZWk de Julia Slater et publié en février 2008 sur le site "SwissInfo", on apprend à propos des traditions liées au feu que : « One very widespread custom is the burning of an effigy, often a snowman, at the end of the carnival held in many Swiss towns and villages around the beginning of Lent. » Ce qui signifie qu'une coutume très répandue est la mise à feu d'une effigie, souvent un bonhomme de neige, à la fin du carnaval qui a eu lieu dans de nombreuses villes et villages suisses au début du Carême. La suite de l’article nous donne une explication sur ces rituels :

« This is frequently interpreted as symbolising the burning of the demon of winter, or alternatively as welcoming the spring with the light of the flames. » C'est un symbole de la combustion du démon de l'hiver, ou comme un accueil du printemps à travers la lumière des flammes.

A la fin de l'article nous trouvons une liste de ville où une effigie est brûlée pour fêter la fin de l'hiver : Baden, La Chaux-de-Fonds, Fribourg, Herisau, Moudon, Morat, Payerne, Soleure et Yverdon.

Ces interprétations sont corroborées par les lignes trouvées dans l’ouvrage "Les Suisses : modes de vie, traditions, mentalités" http://data.rero.ch/01-2068925 publié sous la direction de l’ethnologue Paul Hugger :

« Le feu occupe certainement par ailleurs une place particulière dans toutes les cultures, ses propriétés naturelles permettant de l’utiliser pour purifier et pour détruire. Les images très connues du purgatoire et des bûchers sur lesquels on brûlait les sorcières, par exemple, ont profondément marqué le monde chrétien pendant de nombreux siècles ; on en retrouve un écho dans différentes coutumes - même si leurs participants n'en sont pas conscients. […] Il n'est donc pas besoin de faire appel à des explications faisant référence à une origine mythologique pour comprendre la fascination exercée par les spectacles utilisant le feu. »

Plus loin, l’ethnologue suisse nous explique les motifs des rites saisonniers comme l’est le Bonhomme d’hiver :

« A l'époque préindustrielle surtout, le passage de l'hiver à l'été s'accompagnait de changements importants dans les mœurs et la situation économique; des traces de ce phénomène se retrouvent dans certaines coutumes qui ont encore fonction de rites. Le passage des frontières saisonnières a, aujourd'hui encore, un effet libérateur, et les fêtes qui l’accompagnent deviennent simple expression de joie de vivre. »

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, vous trouverez des documents relatifs aux traditions suisses dans les bibliothèques genevoises :

"Fêtes et traditions populaires en Suisse" http://data.rero.ch/01-R008202020 de Jean-Pierre Tzaud

"Les traditions vivantes dans la société urbaine" http://data.rero.ch/01-R008245132

"Les Alpes en fête" http://data.rero.ch/01-R217352760 paru sous la direction de Margrit Thueler 

"Fêtes et croyances populaires en Europe : au fil des saisons" http://data.rero.ch/01-2168949 d'Yvonne de Sike

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque du Musée d'ethnographie de Genève http://www.ville-ge.ch/meg/bibliotheque.php

Pour http://www.interroge.ch

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