Ville de Genève

SITE OFFICIEL

 
Archives InterroGE - Question / réponse
Mise à jour: 14.09.2016

Archives InterroGE - Question / réponse

Retrouvez nos réponses archivées. Leur contenu pouvant devenir obsolète, nous vous rendons attentifs à la date de publication.

Je travaille sur la frise Stoclet à Bruxelles réalisée d'après les cartons de Gustav Klimt et j'aurais aimé avoir plus d'informations sur la partie intitulée "le chevalier". Auriez-vous des ouvrages à me conseiller pour m'aider dans mon travail ?

Question répondue le 07.12.2017


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

Gustave Klimt (1862-1918) est l'auteur de la frise du Palais Stoclet dont vous pouvez voir des images sur Google arts and culture http://bit.ly/2ACzYe4 . Accompagnant chaque image, vous pourrez lire des textes en anglais qui évoquent entre autres le "chevalier", "the knight", tel que ce passage par exemple : « For a long time, art history only referred to this piece of work as an "abstract composition" as no reference to a figural character was discovered in the figure. Only the late finding of a postcard in which Klimt told Emilie Flöge about the "Knight" clarified the identity of the "abstract composition". »

Serge Coradeschi relate la décoration du palais Stoclet à Bruxelles dans "Tout l’œuvre peint de Klimt" http://data.rero.ch/01-0449075 :

« En 1904, un magnat belge du charbon, Adolf Stoclet, commanda à l’architecte Josef Hoffmann une demeure vaste et riche qui pût en quelque sort rénover les fastes de la Renaissance. […] Josef Hoffman chargea Klimt de la décoration de la salle à manger qui, d’après les cartons dessinées par le peintre, fut réalisée en mosaïque par les Wiener Werkstätte. Cette décoration comporte trois panneaux en mosaïques achevés en 1911 : deux, destinés aux murs longs de la salle rectangulaire, représentant l’un et l’autre le même motif décoratif, un symbole de l’Arbre de vie. […]. Le troisième, isolé sur le mur étroit du fond, présente un contexte purement décoratif, mais non dénué d’un aspect sémantique digne d’un examen. Au sujet de cette frise (qualifiée parfois d’antipeinture, Dobai rappelle (1967) que le jeune Theo Van Doesburg y voyait une pure composition bidimensionnelle, et souligne les influences de la mosaïque byzantine, de l’art japonais et de l’art égyptien. [...]
De fait, l’aplatissement des arbres et des personnages sinueux, et leur parfaite adhérence à l’ensemble (Langui) relèvent un goût nouveau, même si la présence d’émail, de verre coloré ou de pierres dures dans la mosaïque dérive du voyage de Klimt à Ravenne. »

La mention ci-dessus se réfère à l'ouvrage "Gustave Klimt" http://data.rero.ch/01-1830381 de Fritz Novotny et Johannes Dobai. Emile Langui a quant à lui contribué à l’ouvrage de Jean Cassou "Les sources du vingtième siècle" http://data.rero.ch/01-0245210 qui évoque cette fusion entre personnage et ornement.

Gottfried Fliedl consacre un chapitre à la frise dans son ouvrage "Gustav Klimt : 1962-1918 : le monde à l’apparence féminine" http://data.rero.ch/01-R003230129 , dont voici un extrait sur la partie qui vous intéresse :

« Klimt va le plus loin possible dans l’abstraction sur le petit mur de la frise. Il est caractéristique de voir qu’il est difficile de savoir s’il ne s’agit que d’un motif abstrait ou s’il s’agit aussi d’une figure humaine. On a souvent décrit cette partie de la frise comme une composition de surface purement abstraite ayant une signification essentiellement décorative. Mais comme il se trouve dans une niche dans l’axe longitudinal de la salle, il est mis en valeur architectoniquement et forme le centre de la frise. C’est justement à cause de cela qu’il est difficile d’accepter que cette étroite mosaïque ait seulement une signification décorative sans avoir de répercussion sur le contenu de toute la frise. Je penche pour l’opinion selon laquelle la mosaïque représente une figure humaine. Le rectangle en pointe, au milieu de l’ornement, peut très bien être vu comme une physionomie, un visage humain avec son trait noir, en travers et doublement vertical ; les bandes d’ornement parallèles aux motifs différents, verticaux peuvent être vus comme un vêtement, comme un corps habillé. […]
Il est possible que l’on puisse trouver d’autres interprétations à cette peinture murale quand on connaît l’expérimentation radicale de la forme de cette mosaïque et celle de sa signification, qui était une vérification pratique de la théorie contenue dans le mouvements d’arts décoratifs du moderne viennois. La forme centrale, en rectangle vertical, multicolore et ajoutée dans le fond doré, sur laquelle la "tête" est à cheval, se compose de trois bandes de peintures, en rectangles verticaux. L’emboîtement de formes d’ornement étroites, en rectangles verticaux, dans les formes d’ornement rondes répète exactement cette différenciation ornementale que Klimt a employée, par exemple dans Le Baiser, pour donner une qualification symbolique de la différence de sexes. »

Alfred Weidinger dans "Gustav Klimt : l’œuvre peint" http://data.rero.ch/01-R004751196 consacre aussi un chapitre intitulé "La maison Stoclet est vraiment très belle". On y lit à propos du "Chevalier" :

« La figure stylisée du chevalier - qui se nourrit d’une composition comparable de Koloman Moser : un projet pour l’affiche de la 13e exposition de la Sécession Viennoise que Klimt avait vue en 1902 - se tient désormais sur un carré d’herbe ornemental, comme "entrouvert" et bordé sur le côté inférieur par un autre carré ornemental qui, lui, fait penser à un mandala ». Au sujet du mandala une note est ajoutée « Sur ce sujet, voir les explications d’Alice Strobl, "Die Mosaikzeichnungen 1908-1910 und ihre Deutung" dans "Gustav Klimt. Die Zeichnungen 1904-1912" http://data.rero.ch/01-0345011 , vol. II, Salzbourg 1982, p.183-185. »

Alfred Weidinger conclut « La frise de la salle à manger du palais Stoclet à Bruxelles, que Berta Zuckerkandl avait décrite, à l’époque comme le dernier fruit du développement ornemental de Klimt, est considérée aujourd’hui, incontestablement, comme le chef-d’œuvre de sa période dorée. Le chevalier - par la "fenêtre" duquel Klimt révélait ses pensées les plus intimes - remplit sa fonction de figure-clé, à la fois médiateur et gardien entre l’Attente et l’Accomplissement ». La référence de Berta Zuckerkandl est son article "Kunst und Kultur – der Klimt-Fries", paru dans "Wiener Allgemeine Zeitung" http://data.rero.ch/01-R008580346 , le 23 octobre 1911.

Beate Murr a écrit un article paru en deux parties dans le journal "Restaurator. International Journal for the Preservation of Library and Archival Material" http://data.rero.ch/01-0063056 sur la frise du Palais Stoclet, qui vous donneront des détails sur les instructions de Gustav Klimt données aux ateliers viennois pour la production de la frise. L'article s'intitule ""I knew right from the start that the whole thing would be damned expensive" - Gustav Klimt’s Cartoons for the Stoclet Frieze : Their Creation, Execution, and Conservation", la première partie http://bit.ly/2kvxdHn a été publiée en 2013 dans le volume 34, aux pages 275 à 301 et la deuxième partie http://bit.ly/2AEjjXM a été publiée en 2014 dans le volume 35, aux pages 25 à 45. Vous pourrez y avoir accès depuis les bibliothèques scientifiques et universitaires de Genève.

Le numéro 191 de la revue "Dossier de l’art" http://data.rero.ch/01-1460218 propose différents articles également :

- L'article "Gustav Klimt cartons pour la frise du palais Stoclet au MAK" d'Armelle Fayol parle de l’exposition du MAK - Austrian Museum of Applied Arts / Contemporary Art http://www.mak.at/en/gustav_klimt_expectation_and_fulfillme
nt
à Vienne qui a présenté en 2012 les dessins que Klimt réalisa pour les mosaïques du palais Stoclet, en retraçant l’histoire des dessins pour la frise. Un catalogue de l’exposition est disponible auprès de la Bibliothèque cantonale et universitaire BCU Lausanne "Gustav Klimt : Erwartung und Erfüllung, Entwürfe zum Mosaikfries im Palais Stoclet = expectation and fulfillment, cartoons for the mosaic frieze at Stoclet House" http://bit.ly/2nFLcvM .

- Deux autres articles font suite à une exposition qui a eu lieu au Musée du Belvédère https://www.belvedere.at , à Vienne, à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de l’artiste. Juliette Hibou évoque la rencontre entre Josef Hoffmann, l’architecte du Palais Stoclet et Gustave Klimt et l’influence de ces deux personnes l’une sur l’autre dans "Le palais Stoclet ou la géniale rencontre de Klimt et Hoffmann". Et l’article de Jeanne Faton "Klimt / Hoffmann, pionniers de la modernité au musée du Belvédère".

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque d'art et d'archéologie http://www.ville-ge.ch/baa

Pour http://www.interroge.ch

Partage

Partager cette page

Facebook Twitter LinkedIn Google+
Suggestions
La Ville est sur facebook

Découvrir d'autres pages du même chapitre :