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Archives InterroGE - Question / réponse
Mise à jour: 14.09.2016

Archives InterroGE - Question / réponse

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Quels seraient les impacts écologiques de la sortie du nucléaire ?

Question répondue le 03.10.2017


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

La plateforme "Swiss-Energyscope" http://www.energyscope.ch/a-propos/les-enjeux a été développée pour permettre aux citoyennes et citoyens suisses de comprendre les enjeux de la transition énergétique. Vous pouvez voir dans un petit reportage de la Radio télévision suisse (RTS) http://bit.ly/2kkirD6 du 15 avril 2015, une présentation de cette plate-forme d'information lancée en 2015 par l' École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) http://energycenter.epfl.ch/ses-fr .

Leur rubrique "Questons/Réponses" répond à des questions telles que :

- "Quels sont les défis de la transition énergétique suisse? " http://bit.ly/2yTMyED
- "La Suisse émet-elle comparativement peu de CO2 grâce à son électricité très "propre" ?" http://bit.ly/2wvvzXv
- "La production d'électricité en Suisse à partir de gaz naturel est-elle inévitable ?" http://bit.ly/2wvqSNs
- "Combien de CO2 les énergies renouvelables émettent-elles ?" http://bit.ly/2xQSDBw A la question "Quelles sont les grandes options stratégiques pour sortir du nucléaire ?" http://bit.ly/2hJulp7 voici ce qu'on peut lire :

"La Suisse dispose de quatre options stratégiques complémentaires pour sortir du nucléaire. Trois d’entre elles consistent à remplacer les 25 TWh de courant nucléaire par d’autres sources d’électricité : l’électricité d’origine renouvelable produite en Suisse (option « renouvelables »), l’implantation de centrales à gaz en Suisse (option « centrales à gaz »), et l’importation d’électricité (d’origine renouvelable ou non) en provenance de l’étranger (option « importation »). La quatrième option vise à réduire la consommation électrique par le biais de mesures d’efficacité énergétique (option « efficacité énergétique »).
[...]
Ces quatre options génériques ne sont en aucun cas mutuellement exclusives. D’ailleurs, le Conseil fédéral les combine dans sa Stratégie énergétique 2050, parlant de quatre « axes stratégiques ». Cette stratégie de la confédération préconise d’exploiter en priorité le potentiel de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, et de recourir au développement de centrales à gaz ou à l’importation si cela ne suffit pas. D’autres axes sous-jacents sont également indissociables de la Stratégie énergétique de la Confédération, à savoir le développement du réseau électrique, le stockage de l’énergie, le renforcement de la recherche énergétique, l’accroissement du rôle d’exemple des pouvoirs publics ou encore l’intensification de la coopération internationale.
Toutes ces options stratégiques visent à étoffer ou à améliorer la qualité de l’offre énergétique. Bien sûr, nous pourrions également envisager de réduire notre consommation d’électricité, non pas au travers d’une augmentation de l’efficacité énergétique, mais en réduisant notre demande selon le principe de la sobriété énergétique (en consommant moins!). Même si de telles mesures ne permettront pas de réduire drastiquement notre consommation, il s’agit néanmoins d’une composante stratégique essentielle en vue de développer une culture de l’utilisation rationnelle de l’énergie."

Voici ce qu'indique la réponse à la question "Quelles seront les conséquences de la sortie du nucléaire sur nos émissions de CO ?" http://bit.ly/2ylg88V :

"Si l’électricité de nos centrales nucléaires était remplacée par de la production renouvelable, nos émissions de CO2 devraient rester stables. Par contre, si nous remplacions notre courant nucléaire par de l’électricité produite par des centrales à gaz en Suisse ou par de l’électricité importée, nos émissions augmenteraient notablement, mais seraient vraisemblablement compensées.
Toutes les filières de production d’énergie émettent des gaz à effet de serre. Ces émissions peuvent être directes, comme lors de la combustion de produits fossiles (charbon, mazout, gaz naturel, etc.). Elles peuvent également avoir lieu de manière indirecte: lors de l’extraction et de la transformation des combustibles (raffinage du pétrole, par exemple), ou pour le développement des infrastructures énergétiques : fabrication, transport et installation des équipements (panneaux solaires, éoliennes, turbines, construction des centrales, etc.).
Les centrales nucléaires ne relâchent pas de CO2 durant leur fonctionnement, mais les procédés d’extraction et de traitement du minerai d’uranium en émettent. La filière nucléaire suisse émet en moyenne 7 grammes de CO2 pour chaque kWh produit. Cette excellente performance CO2 de la filière nucléaire comprend cependant une incertitude importante relative à l’ampleur, aujourd’hui très difficile à estimer, des futures émissions associées d’une part au démantèlement des centrales et d’autre part au stockage à long terme des déchets radioactifs.
Les filières des nouvelles énergies renouvelables émettent également des gaz à effet de serre, essentiellement lors de la fabrication de ces équipements : entre 10 et 80 grammes de CO2 par KWh suivant les filières et les technologies considérées, soit un peu plus que le nucléaire.
Les centrales alimentées au gaz naturel se caractérisent, quant à elles, par des émissions directes élevées : grosso modo de l’ordre de 100 grammes de CO2 par kWh pour les unités de cogénération (alimentant des réseaux de chauffage à distance) et environ 400 grammes pour les grandes centrales pour lesquelles la chaleur n’est pas valorisée.
Dans ces conditions, que peut-il advenir de nos émissions de CO2 avec la sortie du nucléaire ?
Si nous parvenons à remplacer entièrement notre électricité nucléaire par des sources renouvelables, nos émissions de CO2 n’augmenteront pas de manière significative.
Si, au contraire, nous optons pour la production en Suisse d’électricité à partir de gaz naturel, nos rejets indigènes de CO2 liés au secteur de l’énergie vont augmenter de 5 à 20 % en fonction du type de production choisie. Ceci serait en contradiction avec nos engagements en faveur du climat. C’est ici qu’intervient la politique de compensation, telle qu’elle figure dans la Loi fédérale sur le CO2. Cette loi impose aux futurs exploitants de centrales à gaz implantées en Suisse de « compenser » la totalité de leurs émissions. Cela signifie qu’ils devront investir dans des projets d’énergie renouvelable ou d’efficacité énergétique permettant de réduire les émissions de CO2 à hauteur des celles générées par leurs propres centrales à gaz (une autre option serait de capter et de séquestrer les émissions de ces centrales. Le bilan global serait alors neutre, les projets de réduction « compensant » en quelque sorte les émissions des centrales.
Toutefois, cette règle de compensation ne concerne que les émissions de gaz à effet de serre ayant lieu sur le territoire helvétique. Elle ne concerne pas l’électricité que nous importons.
Justement, que se passerait-il si nous importions plus d’électricité des pays voisins ? L’Europe produit une large part de son électricité à partir de centrales à charbon. D’où la forte teneur moyenne en CO2 fossile du mix électrique européen (523 g/CO2/kWh). Si nous remplacions toute notre production d’électricité nucléaire actuelle par du courant importé, nos émissions de gaz à effet de serre augmenteraient par conséquent de manière significative, non pas en Suisse mais en Europe. Ceci étant, l’Union européenne a fixé un plafond à ses émissions de CO2 au-delà duquel les émissions devront être compensées. Il est donc probable que l’impact de nos importations puisse être neutre pour le climat. Mais il ne faut pas perdre de vue que « compenser » n’est pas tout à fait équivalent à « ne pas émettre », l’absence d’émissions restant naturellement une solution préférable."

Voici d'autres articles autour de cette thématique qui devraient vous intéresser :

"Énergie et environnement en Europe : la question de la production d’électricité" http://bit.ly/2xXGuwG de Michel Deshaies paru en 2006 dans le volume 70 de la revue "L'Information géographique" http://www.cairn.info/revue-l-information-geographique.htm .

"Une électricité européenne sobre en carbone : l’impasse ?" http://bit.ly/2fNkzBA de Maïté Jauréguy-Naudin, paru dans la revue "Politique étrangère" http://data.rero.ch/01-0068749 , en 2012.

"De la sortie du nucléaire à l'efficience énergétique (PDF)" http://bit.ly/2x9g0UP , leçon inaugurale du Professeur Martin K. PATEL, Chaire en Éfficience Énergétique à la Faculté des Sciences et à l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université de Genève, septembre 2014.

Un article de Kuniko Satonobu paru sur swissinfo.ch en novembre 2016 "Comment le Japon a survécu avec "zéro centrale nucléaire"" http://bit.ly/2fF10rq .

"L’Allemagne se presse vers la sortie du nucléaire" http://bit.ly/2xYnzSs de Petra Krimphove, paru également sur swissinfo.ch en octobre 2016.

Pour terminer, voici quelques ouvrages issus de nos collections qui pourraient vous aider dans votre recherche :

"Atlas des énergies mondiales" http://bit.ly/2yUyPgK  de Bertrand  Barré
"Energoscope" http://bit.ly/2xY9zIv  de Yan de Kerorguen
"Pourquoi Fukushima après Hiroshima? : une éthique pour sortir du nucléaire" http://bit.ly/2hIm8Br  de Jean-Marc Sérékian
"L'atome vert : le thorium, un nucléaire pour le développement durable" http://bit.ly/2xUMPsv  de Jean-Christophe de Mestral

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève http://www.bm-geneve.ch

Pour http://www.interroge.ch

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