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Archives InterroGE - Question / réponse
Mise à jour: 14.09.2016

Archives InterroGE - Question / réponse

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Un enfant battu deviendra-t-il violent ?

Question répondue le 28.08.2014


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici la réponse fournie par le Centre de documentation en santé (CDS) de la Bibliothèque de l’Université de Genève :

Selon l’article "Un enfant battu deviendra-t-il violent ?" d'Anne-Claire Thérizols paru dans le numéro 10 de la revue "Le cercle psy" http://data.rero.ch/01-R006291992 en 2013 :

« Une croyance commune veut qu’un enfant battu devienne fatalement violent. La réalité est pourtant plus complexe, note Gérard Lopez, psychiatre et président fondateur de l’Institut de victimologie de Paris : "S’il est rare de trouver un agresseur qui n’ait pas été maltraité, tous les enfants maltraités ne deviennent pas des agresseurs. Il n’y a heureusement pas de déterminisme dans ce sens, ce qui ruinerait toute velléité de combat contre la maltraitance.
Claude Halmos, psychanalyste spécialiste de la maltraitance, enfonce le clou : "on ne devient pas bourreau parce que l’on a été victime. C’est un discours mis en avant par les bourreaux pour se dédouaner. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le tissage qui mène à la violence est extrêmement complexe, que personne n’est génétiquement bourreau, que cela suppose une histoire où l’on a été soit victime de violence soi-même, soit témoin de violence sur des proches, et que cette histoire, parce qu’elle n’a pas été prise en charge correctement, n’a pu être dépassée".
Pas de fatalité donc, et pourtant, un terrain propice. En effet, les psys s’accordent à dire que l’enfant ne peut pas concevoir qu’un parent le batte pour sa jouissance. L’enfant violenté se sent donc toujours coupable et se construit avec une image négative de lui-même. Il se dit que s’il n’avait pas fait de bêtise, il ne recevrait pas ces coups de ceinture. Qu’il est juste bon à déclencher la haine de l’autre, et que, parfois, la seule façon de ne pas mourir des coups, c’est d’en jouir et de devenir soi-même ce personnage mauvais qui frappe à son tour…
Un engrenage que tendent à confirmer nombre d’études attestant des liens statistiques entre maltraitance et criminalité. Citons cette recherche américaine qui montre que les adolescents qui ont été physiquement maltraités avant l’âge de 5 ans sont cinq fois plus à risque d’être arrêtés pour des délits violents et non violents.
Ou encore cette recherche néo-zélandaise, qui suggère que la délinquance et la consommation de drogue et d’alcool sont corrélées aux maltraitances subies durant l’enfance.
Le seul rempart au recul de la maltraitance, et donc au développement de la violence chez les enfants maltraités, reste la prévention. Et pour prévenir, il faut identifier, mettre des mots sur les maux, ouvrir les yeux.
Claude Halmos confirme : " la façon dont la maltraitance va être négociée par l’adulte qui la subit, et donc l’adulte qu’il va devenir, dépend essentiellement de la façon dont la société va le protéger." »

Dans son rapport sur "La maltraitance des enfants" http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs150/fr l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que « les enfants maltraités, devenus adultes, sont davantage exposés à divers troubles comportementaux, physiques ou psychiques, tels que :  propension à commettre des violences ou à en subir. »

Selon l’association "Enfance et partage" http://www.enfance-et-partage.org/spip.php?article214 :

« La maltraitance menace également un des processus les plus important dans le développement normal de l’enfant : la transmission. Les conséquences peuvent être dramatiques à la fois sur la construction de l’image et de l’identité de l’enfant et sur sa relation aux autres. Les difficultés relationnelles à l’âge adulte peuvent être symptomatiques de mauvais traitements durant l’enfance. Les risques d’une mauvaise acceptation de soi mais aussi des normes sociales à l’âge adulte est une conséquence fréquente des maltraitances. »

Le groupe de recherche du professeur Alain Malafosse http://www.amge.ch/2012/01/13/la-maltraitance-dans-l%E2%80%
99enfance-laisse-des-cicatrices-genetiques
, du Département de psychiatrie de l’Université de Genève « a démontré que l’association entre maltraitance infantile et certaines pathologies adultes résultait d’une modification des mécanismes de régulation des gènes.[...] Ont participé à l’étude 101 sujets adultes souffrant d’un trouble de la personnalité borderline, caractérisé notamment par une instabilité dans les relations interpersonnelles, les émotions et l’impulsivité. En examinant leur ADN, issu d’une simple prise de sang, les chercheurs ont observé des modifications épigénétiques, c’est-à-dire dans les mécanismes de régulation des gènes, chez les participants ayant été maltraités durant leur enfance (abus physique, sexuel et émotionnel, carences affectives…). Ces modifications épigénétiques se situent dans le processus de gestion du stress. "C’est la première fois que l’on voit un lien aussi clair entre un facteur environnemental et une trace biologique", souligne Ariane Giacobino, du Département de génétique et de développement. Lien d’autant plus fort que plus la maltraitance a été sévère durant l’enfance, plus la modification est importante. »

C’est pourquoi, comme l’explique bien le site "Ciao" http://www.ciao.ch/f/violences, « Il est essentiel de rompre cette violence en allant vers les autres car ces situations ne sont pas vivables. Rien ne changera si tu ne décides pas de chercher de l'aide. Il y a autour de toi des adultes de confiance qui peuvent t'aider à sortir de là. Ils t'aideront à trouver des pistes. »

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations, nous vous conseillons de contacter les associations d’aide aux enfants et adolescents victimes de maltraitance :

SOS enfants Genève http://www.sos-enfants.ch Disno http://www.disno.ch : association pour la prévention de la maltraitance et des abus sexuels envers les enfants

Accueil et traitement de l'enfant maltraité et abusé http://www.vd.ch/themes/sante/prevention/annuaire-preventio
n/accueil-et-traitement-de-lenfant-maltraite-et-abuse-atema
 – ATEMA (Vaud)

Association romande CIAO http://www.ciao.ch

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

La Bibliothèque de l’Université de Genève - Centre de documentation en santé (CDS) http://www.medecine.unige.ch/cds

pour Interroge http://www.interroge.ch

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