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Archives InterroGE - Question / réponse
Mise à jour: 14.09.2016

Archives InterroGE - Question / réponse

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D'où vient l'expression "quart d'heure vaudois" pour signifier un léger retard toléré ? Existe-t-il des expressions similaires ailleurs ? Comment dirait-on cela en France ou en Belgique, par exemple ?

Question répondue le 23.01.2015


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :

L'article "Un art du retard bien vaudois" http://journal.24heures.ch/archives/divers/art-retard-bien-
vaudois-2011-11-17
paru le 17 novembre 2011 dans le quotidien "24 heures" disait ceci :

« La réputation de notre horlogerie se répercute dans le monde. […] Or, en ses excellents engrenages, il y a un grain de sable. Celui du quart d’heure vaudois : une indécrottable tradition de notre canton qui fait mentir la fameuse ponctualité helvétique. Elle consiste à ne pas être tout à fait à l’heure aux rendez-vous, s’agrémente éhontément de mauvaises excuses qui ne trompent personne, mais déclenchent rarement de vraies fâcheries : « Désolé pour le retard: il y a ces aléas du tramway lausannois » … « Mon médecin m’a fait languir dans la salle d’attente », etc. Une élégante mauvaise foi est de mise. Elle est d’ailleurs bien acceptée par l’interlocuteur qui, lui, a été ponctuel.

Du coup, ce laps de 900 secondes d’attente (pas une de plus, s.v.p.!) est devenu une coutume généralisée. Une façon aussi de rire de soi. Au point qu’un bel écrivain local, le dramaturge Samuel Chevallier, lance en 1941, sur les ondes de Radio-Lausanne, une série de sketchs intitulés pertinemment "Le quart d’heure vaudois". »

Enfin, le journaliste et romancier Frank Bridel écrivait en 2011 dans la revue "Horizons et débats" http://data.rero.ch/01-R003376538 :

« Dans ma jeunesse on riait du "quart d'heure vaudois", mais on s'y tenait : il eût été malséant de commencer une séance à l'instant prévu. C'était une tradition de paysans respectueux des rythmes naturels, maîtres sur leurs domaines et méprisants pour les hâtes citadines, servitudes imposées par un patron de fabrique, d'atelier, de magasin ou de bureau. Prendre son temps, pensait-on, c'est la première des libertés »

En France, il semble que l’expression « le quart d’heure » suivi d’un nom de lieu ou de région soit relativement répandue. En voici deux qui semblent jouir d'une certaine notoriété :

« Le quart d'heure poitevin » - Vous trouverez à la page 42 du Petit futé Poitou-Charentes http://bit.ly/1t4Y8aQ une explication de cette expression datant de la fin du 19e siècle.

« Le quart d'heure angevin » - Marc Lefrançois explique l'origine de cette expression dans son ouvrage "Angers, au fil de la Maine et du temps" ainsi que sur son blog http://www.marclefrancois.net/pages/Angers_au_fil_de_la_Mai
ne_et_du_temps-898149.html
. Vous y apprendrez qu'un quart d'heure de retard peut vous sauver la vie.

Nos recherches nous ont également permis de découvrir qu'il existe pléthore de variantes : « quart d'heure corrézien », « quart d'heure nantais », « quart d'heure parisiens », « quart d'heure béarnais » et même plus proche de chez nous, un « quart d'heure savoyard ». Ces expressions, comme pour la vaudoise, sont toujours utilisées afin d'excuser un léger retard.

Pour ce qui est de la Belgique, nous ne trouvons pas cette expression en lien avec une région. Par contre, nous la trouvons sous la forme « quart d’heure académique ». Le "Dictionnaire de belgicismes" http://data.rero.ch/01-R004285210 de Georges Lebouc nous en donne la définition suivante :« quart d’heure (dit) académique = « retard » (pratiquement toléré) d’un quart d’heure avant toute heure de cours universitaire. »

Cette expression n’est plus réservée aux seuls cours universitaires, mais est rentrée dans le langage courant en Belgique et dans d’autres pays comme nous l'apprend le reportage de l'émission "Karambolage" consacré au « quart d’heure académique » http://www.arte.tv/fr/l-usage-le-quart-d-heure-academique/3
023508,CmC=3023514.html
et diffusé sur Arte le 17 janvier 2010. La journaliste Luisa Jendrek explique :

« En Allemagne, mais aussi en Autriche, en Scandinavie et en Suisse, les cours universitaires ne commencent pas à l'heure indiquée, mais quinze minutes plus tard. On appelle ça le "quart d'heure académique". […] D’ailleurs, il jouit d'une telle popularité, ce quart d'heure académique, qu'il s'est étendu à tous les domaines de la vie quotidienne. Ainsi, en Allemagne, on peut toujours arguer du quart d’heure académique pour justifier un retard à un rendez-vous. »

Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.

Cordialement,

Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève http://www.bm-geneve.ch

pour Interroge http://www.interroge.ch

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