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Histoire de la solidarité internationale en Ville de Genève (1967-2017)
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Mise à jour: 10.10.2017

Histoire de la solidarité internationale en Ville de Genève (1967-2017)

Le 6 décembre 1966, le Conseil municipal de la Ville de Genève votait pour la première fois une ligne de budget dédiée à la solidarité internationale. 50 ans après, les projets de coopération soutenus par la municipalité sont toujours plus nombreux.

Début des années 60 

En pleine période de décolonisation, de nombreuses associations établissent des liens avec des partenaires dans les pays en développement. Ces associations, en partie issues de mouvements chrétiens et missionnaires, travaillent chacune de leur côté, sans partage d’informations ni échanges d’expériences.

Création de la Fédération Genevoise de Coopération pour le Tiers Monde

Le Centre international de coopération de Genève (CICG, devenu le MCI) adresse un questionnaire à une vingtaine d’associations concernées par la solidarité. Il convoque une première rencontre le 21 avril 1965. Ces tables rondes deviennent mensuelles et se tiennent au café du Boulevard (Georges-Favon) et sont animées par Jean Bruhlart et Pierre Bungener (premier Directeur de l’Institut africain pour le développement, qui deviendra l’IUED, puis l'IHEID).

Le 14 novembre 1966, un projet de statuts de Fédération, rédigé par André Dunant (juge des mineurs à Genève), est soumis aux participant-e-s. La Fédération genevoise de coopération avec le tiers monde (FGCTM) est créée le 14 décembre 1966 lors d’une première assemblée générale, et comprend 12 associations. Elle deviendra la FGC en 1974.

Début du fonds de coopération de la Ville de Genève

Le 21 juin 1966, des membres du Conseil municipal (CM), Mesdames Schmid et Zumthor, ainsi que Messieurs Clerc, Dolder et Nyffennegger, proposent que la Ville de Genève alloue un millième de son budget ordinaire à l’assistance technique suisse aux pays en développement (qui deviendra la Direction du développement et de la coopération - DDC). Cette proposition émane de représentant-e-s de tous les partis siégeant au Conseil municipal à cette époque (le Parti Libéral, le Parti Radical, le Parti Socialiste, le parti du Travail et le Parti Indépendant Chrétien Social) et correspond à 95 cts environ par contribuable (105'000 contribuables en Ville de Genève en 1966).

Cette proposition est soutenue par le Conseil administratif (CA) , représenté dans ce dossier par le Maire de l’époque, Monsieur Rochat (Parti Libéral), également responsable des finances. La Commission des finances est désignée pour étudier cette proposition, qui est discutée et acceptée à l’unanimité le 6 décembre 1966 au Conseil municipal.

1967, premier projet financé au Cameroun

Par une lettre adressée le 1er avril 1967 au Maire de la Ville de Genève, la FGC demande l’attribution des CHF 100'000.- voté par le Conseil municipal pour la première étape de la création du Centre de formation agricole Goura au Cameroun. Le 18 avril 1967, le Maire communique ce projet au Conseil municipal.

Le 10 mai 1967, le Conseil administratif de la Ville de Genève attribue la somme de CHF 100'000.- à ce projet au Cameroun. Mais au même moment l’organisme français de coopération (FAC) décide de financer la totalité du coût de création du Centre de Goura au Cameroun (CHF 1,2 million). Le Cameroun propose alors à Genève d’implanter un autre centre plus modeste au Nord du Cameroun. Cela sera le premier projet financé par la Ville de Genève.

Le 5 décembre 1967, le Conseil administratif de la Ville de Genève a attribué à la Fédération le crédit de CHF 100'000.- pour ce centre de formation agricole de Bankara (Cameroun du Nord), et le 12 décembre, le Conseil d’Etat du Canton décidait de participer pour un montant de CHF 210'000.- à la réalisation de ce projet, ceci en coordination avec le Service de la Coopération technique à Berne et le Secrétariat d’Etat au développement rural du Cameroun.

La Ville de Genève alloue le 0,1% de son budget à la Solidarité internationale de 1967 à 1985, avec des montants évoluant de CHF 100'000.- en 1967 à CHF 552'000 en 1985.

Les années 80: une période décisive

En mars 1980, l’initiative populaire «pour la création d’un fonds cantonal d’aide au développement» dite «Initiative 0,7» est lancée. Votée en septembre 1982, elle est refusée par le peuple mais le Canton s’engage à augmenter l’aide au développement et le Conseil d’Etat porte les crédits cantonaux de 1,3 million en 1984 à 2 millions de francs en 1987.

Au milieu des années 80, le Conseil municipal de la Ville de Genève charge l’exécutif de faire des propositions pour augmenter les crédits alloués à la coopération. Un projet de règlement est préparé par 6 conseillers municipaux, 3 fonctionnaires et six expert-e-s. Le 30 mai 1985, la Ville de Genève adopte le premier règlement communal en Suisse traitant de la coopération au développement et l’aide humanitaire.

Le règlement prévoit de passer l’aide de la Ville de 0,1 à 0,2% de son budget total. Il prévoit également l’obligation d’inscrire des crédits au budget et de présenter un rapport annuel au Conseil municipal. Le règlement distingue la coopération au développement, l’aide humanitaire, et l’aide aux communes suisses (investissements d’infrastructures et reconstruction, pour des communes de cantons à faible capacité financière).

Guy-Olivier Segond, élu en 1983, est le Conseiller administratif chargé de la coopération au développement. Il réalisera une brochure pour fêter les 20 ans de l’engagement de la Commune. Pour lui, «cet effort de la Ville de Genève – qui y consacre chaque année 0,2% de son budget – n’est pas un cadeau pour se donner bonne conscience. C’est l’expression d’une solidarité, qui s’inscrit dans la tradition de notre Cité».

Un nouveau règlement voit le jour en 1990, puis est revu en 2012.

Signature des engagements d’Aalborg

Le Programme stratégique de développement durable (DD) a été adopté le 24 septembre 2010 par le CA, suite à la signature des Engagements d’Aalborg (cadre européen pour les villes durables). Ce programme comporte 13 objectifs mesurables, dont l’objectif n° 13 intitulé «Coopération», qui vise à développer une politique de coopération et solidarité internationale.

La  Ville de Genève, faisant partie de nombreux réseaux de municipalités (au niveau suisse, européen et mondial), prend en compte prioritairement les enjeux du développement durable, ainsi que le respect des droits humains.

Objectif 0,7%

Depuis 2011, le fonds est géré par la Délégation Genève Ville Solidaire qui collabore avec de nombreuses associations locales, la Fédération Genevoise de Coopération (FGC), des acteurs institutionnels ainsi que des partenaires dans les pays concernés.

Durant l’été 2014, une exposition en plein air, consacrée à l’action de la Commune en matière de coopération au développement, a mis à l'honneur des projets autour du thème de l’enfance sur les voies couvertes de Saint-Jean et sur la Plaine de Plainpalais.

En 2016, la Ville de Genève a accordé près de 6 millions de francs à des projets visant notamment la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales, la promotion des droits humains, le renforcement des capacités des populations défavorisées et l'aide humanitaire. Ce montant représente 0,61% du budget communal. Cette hausse vise un objectif: atteindre d’ici à 2020 0.7%

Le chiffre de 0,7% est préconisé par les Nations Unies depuis les années 70. Il fait référence à l’idée que, si l’ensemble des pays industrialisés allouait 0,7% de leur revenu national brut à la coopération et au développement; l’extrême pauvreté pourrait être éradiquée en 2025. En 2008, une pétition intitulée «0,7 % - Ensemble contre la pauvreté», demandait au Conseil fédéral et au Parlement Suisse de mener concrètement la réalisation de l’objectif de l’ONU. 

Du côté de Genève, c'est le 4 octobre 2001 que le Grand Conseil approuve à une large majorité la Loi sur le financement de la solidarité internationale (LFSI). L'article 2 de cette LFSI stipule que: «La République et canton de Genève consacre au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale, particulièrement en soutenant des projets de coopération, d'aide au développement, de promotion de la paix et de défense des droits sociaux et de la personne.». Afin de maintenir ce soutien; en 2013, 10 ans plus tard, 14'000 personnes signent une pétition demandant au Grand Conseil d'appliquer la loi LFSI votée en 2001.

Quant à la Ville de Genève, elle souhaite que, d'ici 2020 0.7% de son budget soit dédié à des projets de solidarité internationale et va poursuivre la sensibilisation de la population genevoise sur son rôle dans ce domaine.

Evolution des fonds dédiés à la solidarité internationale

  • 1967: 0,1%
  • 1980: 0,2%
  • 1998: 0,25%
  • 2000: 0,21%
  • 2005: 0,4%
  • 2010: 0,41%
  • 2011: 0,44%
  • 2012: 0,55%
  • 2015: 0,61%

Objectif pour 2020: 0,70%

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