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Mise à jour: 07.03.2017
 

L'édito de Sandrine Salerno

Sandrine Salerno, Conseillère administrative en charge du développement durable, profite des 50 ans de solidarité internationale en Ville de Genève pour rappeler l'importance pour les collectivités publiques de s'engager pour un monde plus juste.
© N. Ackermann / Ville de Genève

La fin d’année 2016 a marqué une date importante pour la solidarité internationale en Ville de Genève: c’est en effet le 6 décembre 1966 que le Conseil municipal (CM) votait, à l’unanimité, une nouvelle ligne budgétaire dotée de 100’000 francs pour «l’aide aux pays en voie de développement». Une somme qui correspondait alors à environ un pour mille du budget de la Ville.

En 1966, le conseiller municipal Jean Ziegler expliquait avec force et conviction que le vote de cette ligne budgétaire était vital; qu’à chaque instant, des enfants mouraient de faim et qu’il était indécent de discuter trop longtemps de cette proposition, alors même qu’un amendement de la droite voulait la conditionner au fait que les comptes de la Ville soient bénéficiaires. Il y a 50 ans, Jean Ziegler avait raison; aujourd’hui, Jean Ziegler a encore raison.

Comme lui, j’estime que la solidarité internationale est une nécessité. Alors que des centaines de millions de personnes sont confrontées à des crises sanitaires, à des catastrophes climatiques et à des conflits meurtriers, la solidarité internationale relève clairement de notre responsabilité de ville prospère à l’égard des collectivités en lutte pour leur survie et leur développement. Elle s’inscrit également dans l’héritage séculaire et l’identité même de notre ville, à la fois siège de nombreuses organisations internationales et non gouvernementales, mais également cité ouverte et multiculturelle qui accueille de très nombreuses communautés étrangères, qui cultivent toutes à leur manière des liens avec leur pays d’origine. Elle traduit enfin une certaine relation avec le reste du monde; elle est l’expression de notre conscience de l’unité de l’humanité.

Depuis 1967, la solidarité internationale en Ville de Genève a beaucoup évolué, en termes à la fois qualitatifs et quantitatifs. La création, en 2011, de la Délégation Genève Ville Solidaire (DGVS) représente un jalon important, qui a notamment permis de mettre en place une équipe de collaborateurs et de collaboratrices spécialisé-e-s dans l’accompagnement et le suivi des projets. A bien des égards, la gestion de la solidarité internationale municipale s’est professionnalisée, a gagné en cohérence et en efficacité. Tout au long de son cheminement, la Ville a eu la chance de pouvoir collaborer avec la Fédération genevoise de coopération (FGC). Elle a ainsi pu s’appuyer sur l’expérience de personnes qui connaissent la réalité du terrain et qui ont un lien privilégié avec un pays ou une région concernée. Cette collaboration entre les expert-e-s de la DGVS, les associations relais à Genève et les acteurs et actrices du développement sur le terrain a été et est toujours fondamentale pour assurer que les financements correspondent aux besoins et donnent les fruits escomptés.

Depuis 2011, année où la gestion de la solidarité internationale a rejoint mon département, l’augmentation du budget dans ce domaine a été significative: il est passé de 4,5 millions de francs à 6 millions en 2016, soit 0.6% du budget municipal. Cette hausse traduit une volonté politique ferme: atteindre d’ici la fin de la législature le seuil des 0.7%. Pour se rapprocher de cet objectif, le Conseil administratif a proposé pour le projet de budget 2017 une augmentation de 250’000 francs.

Alors que nous célébrerons en 2017 les 50 ans de la solidarité internationale en Ville de Genève, le Conseil municipal aura l’occasion lors du vote du budget de procéder à un choix important, à forte portée symbolique. Pour Genève et en l’honneur de son histoire, pour toutes celles et tous ceux qui s’engagent dans la construction d’un monde plus équilibré, pour sauver des vies et permettre aux plus pauvres, aux plus fragiles, de se bâtir un avenir digne de ce nom, j’espère de tout cœur que le Conseil municipal votera cette augmentation des fonds.

Sandrine Salerno, Conseillère administrative

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