Ville de Genève

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Mise à jour: 08.06.2011
 

Discours de législature 2011-2015

Au début de chaque nouvelle législature, le maire prononce devant le Conseil municipal, au nom de l'ensemble du Conseil administratif, un discours annonçant les grands axes de ce que sera le travail de l'exécutif durant les quatre prochaines années. Ce discours a été prononcé par Pierre Maudet, maire de Genève, le 6 juin 2011.

Madame la Présidente du Conseil municipal,
Mesdames les Conseillères municipales,
Messieurs les Conseillers municipaux,
Mesdames, Messieurs,

Dans 4 ans, au terme de cette nouvelle législature municipale, Genève célébrera les 200 ans de son entrée dans la Confédération. Cela fera deux siècles déjà que notre Cité cultive ses particularismes, dans le concert des autres cantons qui la regardent parfois avec autant d’admiration que d’agacement. Et souvent avec détachement.

Mais Genève est profondément suisse. Peut-être même plus que jamais. A l’heure où les villes suisses gagnent en importance et font face à tous les défis économiques, sociaux et climatiques du pays, il nous semble essentiel de le rappeler et de l’illustrer, dans la perspective des combats locaux que nous continuerons de porter aux plans cantonal et national.

Genève a ainsi contribué à donner corps au pays, en jouant bien souvent les précurseurs, lorsqu’elle insuffla par exemple les ferments de l’AVS et du congé maternité ou accorda le droit de vote aux femmes bien avant le reste du pays, conformément à la devise helvétique: «un pour tous, tous pour un».

Genève magnifie la vocation internationale et cosmopolite de la Suisse, en accueillant les plus prestigieuses institutions mondiales, de l’ONU au CICR, en passant par l’OMS, le BIT et l’OMC.

Genève symbolise cette Suisse qui, à l’étroit sur un plan horizontal, doit regarder plus haut et plus loin pour se développer et sortir du lot, avec audace et volonté.

Dans 4 ans, c’est en rappelant cette histoire récente jalonnée de symboles que nous célébrerons avec fierté ce bicentenaire. Et que nous nous projetterons dans l’avenir, forts des bases solides que nous aurons contribué à poser durant cette législature.


Dans cet intervalle, nous devons remplir le contrat passé avec la population les 13 mars et 17 avril dernier. En commençant par prendre acte des messages qu’elle a voulu nous faire passer à travers les urnes.

Genève souffre de son extraordinaire croissance. Les logements manquent, le trafic est saturé, les travaux fleurissent à chaque coin de rue, les écarts sociaux se creusent, les petites incivilités se multiplient, laissant ce désagréable sentiment à la population que sa ville ne lui appartient plus totalement.

Et c’est à nous, autorités locales, que des réponses immédiates et concrètes sont demandées. A vous, Conseil municipal, en hiérarchisant les projets, en faisant des choix. A nous, Conseil administratif, en donnant les bonnes impulsions et en les mettant en œuvre.

Nos prérogatives constitutionnelles sont certes limitées. Mais nous devons assumer nos responsabilités, sans nous réfugier derrière l’excuse de la compétence cantonale. Car la commune est le plus proche interlocuteur de la population, ne l’oublions pas. Nous aurons à cœur de le démontrer dans les faits.

Une relation de confiance doit exister entre la commune et sa population, construite sur la simplicité, l’efficacité et la transparence. A cet égard, nous apporterons un soin particulier à rendre des comptes et à accroître ainsi la confiance que place la population dans ses autorités et son administration.

Le mécontentement naît de l’absence ou de la lenteur des réponses. Exprimé dans les urnes, il est audible et constructif. Mais les dernières élections municipales nous montrent qu’il est une attitude aussi inquiétante que le mécontentement, sinon plus: l’indifférence.

Mue à la fois par une certaine satisfaction quant à la situation mais aussi par un sentiment diffus d’impuissance généralisée, voire d’impunité, elle s’exprime tacitement, insidieusement, au travers du taux d’abstention de près de 65% que nous avons connu il y a quelques semaines.

Il est de notre responsabilité, lors des 4 prochaines années, de restaurer un peu de cette crédibilité. En travaillant, parfois au-delà des clivages partisans, à définir des caps clairs et à donner à la population les réponses qu’elle attend.

Pour nous, Conseil administratif, cela passe par une collégialité de tous les instants, respectueuse des désaccords mais orientée sur le respect des institutions. La répartition sans heurts des dicastères est un premier signe encourageant.

Dans cet état d’esprit, le Conseil administratif veut pérenniser une approche transversale des dossiers, en poursuivant le décloisonnement des services et en développant les politiques publiques fortes car portées par plusieurs magistrats, à l’instar des trois délégations portant sur l’aménagement du territoire, sur la politique de la ville et des quartiers ainsi que sur la coopération et le développement.

A vous, Conseil municipal, d’être le garant de cette action, en visant l’intérêt général, dans un esprit constructif.


Cet esprit se caractérise par des valeurs que la Ville défend et promeut, en guise de socle intemporel: l’égalité (dans le domaine des droits humains, au plan des genres, de l’orientation sexuelle et de l’origine notamment), la solidarité (entre les générations, vis-à-vis des publics précaires, par exemple), l’ouverture (à la Genève internationale, en matière d’intégration), la diversité (par le maintien d’activités populaires dans les quartiers, l’accès pour toutes et tous à la culture et au sport, entre autres), et la responsabilité (lutte contre les incivilités, partenariat avec le monde associatif).

Ces valeurs nous seront nécessaires à l’heure d’aborder les enjeux qui nous attendent lors des 4 prochaines années en termes de politiques publiques.


Le premier de ces enjeux sera de garantir les finances publiques et maintenir un haut niveau d’investissement, voire le renforcer dans l’entretien, la valorisation et le développement du patrimoine matériel et immatériel, bâti et non bâti.

Les finances de la Ville sont saines. Mais les menaces qui pèsent, notamment en matière de recettes fiscales, sur celles-ci rendent les prochains exercices budgétaires périlleux. Nous devrons nous mobiliser pour garantir la capacité financière communale seule garante du maintien de nos compétences et des prestations que nous délivrons. En ce sens, le maintien de la taxe professionnelle sera une priorité pour le Conseil administratif. Par ailleurs, nous aurons à cœur de défendre une approche respectueuse des équilibres actuels, incluant la notion de fiscalité sur le lieu de travail, la participation claire de l’économie privée à l’effort public et l’importance d’une juste répartition de la charge fiscale.

Il s’agira aussi pour nous de trouver des solutions originales de partenariats financiers avec le secteur privé, aussi bien dans le domaine culturel ou sportif qu’en matière d’aménagement urbain, dans le respect absolu de l’indépendance des pouvoirs publics et dans la transparence de ces accords.

Nous trouvons là une raison de plus pour renforcer les structures garantissant aux Genevoises et aux Genevois un cadre de vie de haute qualité, plaçant sans cesse notre Cité en tête des classements des villes où l’on se sent bien et où il fait bon vivre ; de tels classements ne font sens que si cette qualité de vie est partagée par toutes et tous, dans une logique de développement durable.

Si l’on s’y sent bien, si ce cadre de vie nous est envié, c’est que les mailles du tissu social de notre Ville sont étroites. Que l’on habite aux Acacias, aux Eaux-Vives, en Vieille-Ville ou aux Pâquis, que l’on soit étudiant, gestionnaire de fortune, patronne d’une PME, assistant social ou retraitée, on se sent Genevoise ou Genevois et l’on partage un corpus commun de valeurs.


Mais ce tissu n’est pas indestructible et tend à se déformer. Le deuxième enjeu qui nous attend consiste donc à le renforcer, à éviter qu’il ne s’étiole et que les écarts économiques et sociaux ne se creusent.  Il apparaît nécessaire de renforcer l’action sociale de proximité, tout en simplifiant l’accès de la population aux prestations.

Le subtil équilibre de notre Cité en dépend.

Cela passe notamment par un soutien accru aux espaces de solidarité entre générations que sont les crèches, les programmes d’accueil continu pour les enfants scolarisés, l’action communautaire, les espaces dédiés aux aînés, les équipements pour les jeunes ou le développement d’une politique active en matière d’emploi, en collaboration avec le monde associatif.

Cela passe aussi, et c’est là un enjeu à part entière, par un renforcement de l’accessibilité au logement. La Ville a pour cela des leviers concrets, qu’elle se doit d’activer. Premièrement en gérant de manière dynamique et intelligente son parc municipal et les espaces qui restent à bâtir. Mais aussi, s’il le faut, en privilégiant des solutions pragmatiques, en prenant de la hauteur ou en se portant acquéreur.

En matière de sécurité, la lutte contre les incivilités évoquée précédemment, passe par une Police municipale proche de la population. Ce concept de police ancrée dans les quartiers, largement basé sur la prévention mais ne niant pas la répression, porté par le précédent Conseil administratif, doit être renforcé, afin de garantir à la population un niveau de sécurité homogène dans toute la Ville.

Enfin, le potentiel considérable de la culture, qui constitue un puissant levier de transformation, d’intégration et de partage, sera pleinement mobilisé pour contribuer à l’essor de notre Cité.


Troisième enjeu politique, celui de développer l’approche transversale par laquelle nous devons envisager le fonctionnement de l’administration. Cela passe notamment par une gestion dynamique de l’espace public et de son aménagement, mais aussi par une nouvelle approche des activités de proximité, sociales, culturelles ou sportives, génératrices de liens sociaux.

La constitution de pôles de compétences nous offre une meilleure lecture, car plus globale, des problématiques municipales. Elle permet également d’offrir à la population une approche cohérente et plus lisible. Elle stimule l’interactivité, notion sur laquelle nous souhaitons construire nos relations avec la population. Ce sera par exemple le cas dans le domaine de la politique des quartiers, dans celui de l’aménagement du territoire et de la gestion du domaine public.

Interactivité, mais aussi réactivité et proximité.

Ces notions sont indissociables si l’on veut offrir un service public en phase avec la réalité de notre époque et les nouvelles habitudes de vie et de consommation.


Les enjeux institutionnels qui nous attendent d’ici 2015 sont aussi légion, à l’image des défis posés par le vote d’une nouvelle Constitution cantonale, en 2012.

Tout au long de cette nouvelle législature, le Conseil administratif devra également soigner les relations qu’il entretient avec ses partenaires privilégiés que sont le Conseil municipal et les autorités cantonales. En vous associant tôt dans les processus décisionnels et en assurant un dialogue serein avec le Canton, le Conseil administratif sait qu’il jettera les bases d’un travail constructif, indispensable à la concrétisation de projets d’envergure pour l’ensemble de la région

En termes de mobilité, de logement ou encore d’emploi, la Ville de Genève ne peut rien seule. Son développement passe par une approche concertée avec nos voisins –communes genevoises, Vaud, France voisine– et une participation active aux processus d’élaboration de l’agglomération et de la région, notamment à travers la conduite de projets structurants dans la culture et le sport, incluant là aussi le secteur privé. La Ville de Genève accordera une attention particulière au renforcement de la collaboration avec les autres villes genevoises, de manière très concrète, afin de veiller à une meilleure prise en compte des enjeux urbains dans la politique genevoise.

Par ailleurs, nous devrons plus que jamais prendre en compte l’évolution de la politique fédérale, au vu de son impact très marqué sur les villes, et ainsi participer activement aux réseaux suisses afin de faire entendre la voix des villes.


Pour la première fois, au début de l’automne prochain, nous présenterons au Conseil municipal une feuille de route pour la législature, permettant de décliner concrètement, par des actions et projets planifiés dans le temps, les grands axes développés à l’instant.


Notre ville est polymorphe et offre de multiples visages. Petite à l’échelle des capitales mondiales, mais grande de par son rayonnement, frondeuse mais profondément suisse, notre cité vit de ses équilibres subtils.

Ces équilibres, nous devons aussi les rechercher à l’heure d’engager Genève dans la bonne direction. Les réponses que nous trouvons aujourd’hui sont autant de solutions qui nous engagent face aux problèmes de demain.

Vive la Ville de Genève! Vive la Confédération suisse!

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