Ville de Genève

SITE OFFICIEL

Mise à jour : 26 avril 2017

Thème : Genève, ville internationale 

Trois défenseur-e-s des droits humains nominé-e-s pour le Prix Martin Ennals 2017

La sélection des nominé-e-s au Prix est effectuée par la communauté internationale des droits humains. Le Prix est attribué à des défenseur-e-s des droits humains qui ont montré un engagement important et font face à un risque personnel sérieux. L’objectif du Prix est de mettre en lumière leur travail et de les protéger grâce à une visibilité accrue.

Hôte des principales organisations internationales actives dans le domaine, riche d’une longue tradition en matière d’accueil, la Ville de Genève soutient ce Prix depuis 2009. Trois nouveaux nominé-e-s ont été désigné-e-s par le jury, composé de représentant-e-s de la communauté internationale des droits humains.

Les nominé-e-s 2017 sont:

FreeThe5KH (Cambodge)

FreeThe5KH sont cinq défenseurs des droits humains qui sont en détention provisoire depuis près d’un an. Leur détention est liée à leur travail au sein de l’Association cambodgienne pour les droits de l’homme et le développement (ADHOC). Des instances internationales telles que le Groupe de travail sur la détention arbitraire et les Rapporteurs spéciaux de l’ONU ont appelé à maintes reprises à leur libération immédiate et inconditionnelle. Elles ont aussi demandé qu’un terme soit mis au harcèlement judiciaire continu dont sont victimes les défenseurs des droits humains au Cambodge en raison de leur travail légitime en faveur des droits humains.

Ces développements s’inscrivent dans un contexte de répression accrue dirigée contre la société civile et l’opposition politique au Cambodge. C’est au nom des Cinq Khmers que Thun Saray, Président de l’ADHOC a déclaré: "C’est un immense honneur pour les cinq défenseurs des droits humains d’avoir été sélectionnés comme finalistes. Le 28 avril marquera le premier anniversaire de leur détention arbitraire. Ils sont emprisonnés à cause de leur travail légitime en faveur des droits humains. Les attaques de plus en plus fréquentes contre les défenseurs des droits humains et les militants a eu un impact considérable sur celles et ceux qui oeuvrent à promouvoir et protéger les droits humains au Cambodge. Ce Prix est un symbole d’encouragement pour tout Cambodgien courageux qui continue de dénoncer les injustices et les violations des droits humains. Je souhaiterais exprimer ma profonde reconnaissance envers toutes celles et ceux qui ont soutenu la nomination".

Karla Avelar (Salvador)

Karla Avelar, une femme transgenre originaire du Salvador, a grandi dans les rues de San Salvador où elle a connu la discrimination, la violence, l’exploitation et le viol. Elle a été jetée en prison alors qu’elle ne faisait que se défendre, et c’est là qu’elle a été régulièrement victime d’abus commis par des co-détenus au vu et su des autorités pénitentiaires, voire même avec leur participation. Ces expériences terribles ont fait d’elle la fervente défenseure des droits humains qu’elle est aujourd’hui.

Avec trois autres militants, elle a fondé COMCAVIS TRANS, une association créée pour représenter, défendre et promouvoir les droits humains des personnes LGBTI, en particulier celles et ceux qui vivent, comme elle, avec le VIH. Elle travaille à changer la législation et les pratiques des autorités en leur demandant publiquement de rendre des comptes. Ses activités de plaidoyer ont contribué notamment à pousser les autorités à isoler les détenus LGBTI pour leur propre sécurité et à leur autoriser l’accès à des traitements standards contre le VIH fournis par le ministère de la Santé. Elle a déclaré: "Je voudrais remercier Martin Ennals, le Jury et toutes celles et ceux qui m’ont nominée pour cette importante récompense. Même si aujourd’hui je suis en danger, et il est évident que mon combat est risqué, c’est ma soif de justice et d’équité qui me motive. Je continuerai à pousser l’Etat à accepter les réformes et les législations proposées par la société civile pour permettre à la communauté LGBTI de jouir pleinement de ses droits humains."

Mohamed Zaree (Egypte)

Mohamed Zaree est le directeur de l’Institut du Caire pour les études sur les droits de l’homme (CIHRS) pour l’Egypte. Il y est responsable du travail juridique, médiatique et du plaidoyer national. Le travail du CIHRS avait beaucoup d’influence dans le Monde arabe, en particulier en Egypte, ce qui a valu à son directeur de recevoir des menaces de mort. Ces menaces ont contraint le directeur exécutif du CIHRS et ses employés de la région à partir à l’étranger pour continuer leur travail. Mohamed a choisi de rester et il est à présent interdit de voyager. Il est juriste et coordonne la recherche visant à contester les lois conçues pour limiter l’activité des ONG de défense des droits humains, notamment celles relatives aux libertés d’expression et d’assemblée. Il est largement perçu comme une figure fédératrice qui rassemble tous les membres de la communauté des droits humains en Egypte et les pousse à adopter une approche commune dans leur travail de plaidoyer.

Il a déclaré: "La révolution égyptienne de 2011 avait suscité en nous de grands espoirs. Nous ignorons comment la situation a fini par se détériorer à ce point. Aujourd’hui, nous combattons des violations des droits humains qui sont pires que celles d’avant 2011 et nous remettons en question la normalisation et l’acceptation de ces atrocités. Tuer près de 1000 citoyens en l’espace de quelques heures, arrêter près de 40'000 autres, voir des innocents mourir dans les prisons égyptiennes, ce n’est pas la norme et nous ne permettrons pas que cela le devienne. Nous, défenseurs des droits humains, combattons ces abus au risque d’être jetés en prison à vie".

Le Prix sera présenté le 10 octobre 2017 lors d’une cérémonie organisée par la Ville de Genève.

Contact

Luca Nizzola

Service des relations extérieures

Tél.+41 22 418 29 42
luca.nizzola(at)ville-ge.ch
Partage

Partager cette page

Facebook Twitter LinkedIn Google+
Suggestions

Découvrir d'autres pages du même chapitre :