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Mise à jour : 11 octobre 2016

Thème : Genève, ville internationale 

Ilham Tohti reçoit le Prix Martin Ennals 2016

Ilham Tohti a été choisi par le Jury du Prix Martin Ennals, composé de dix organisations non gouvernementales actives dans le domaine des droits humains.

Prix Ennals 2016
Remise du Prix 2016 à Uni Dufour © P. Lopreno / Ville de Genève

Décerné le mardi 11 octobre 2016 lors d'une cérémonie organisée par la Ville de Genève dans le cadre de la 4e Semaine des droits humains de l’Université de Genève, ce Prix vise à mettre en lumière le travail d’hommes et de femmes engagées et à les protéger grâce à une visibilité accrue.

Ilham Tohti (Chine)

Célèbre intellectuel ouïghour en Chine, Ilham Tohti a travaillé deux décennies durant pour favoriser le dialogue et la compréhension entre les Ouïghours et Hans chinois. Il a rejeté le séparatisme et la violence, et a cherché une réconciliation fondée sur le respect de la culture ouïghoure, qui a été soumise à la répression religieuse, culturelle et politique dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang.

En 1994, il commença à écrire sur les problèmes et les abus dans le Xinjiang, ce qui a eu pour conséquence son placement sous surveillance de l’Etat. De 1999 à 2003, il a été interdit d’enseignement. Depuis, les autorités ont également rendu impossible toute publication de sa part. En réponse, il se tourna vers Internet afin d’accroître la sensibilisation du public aux différents enjeux économiques et sociaux auxquels sont confrontés les Ouïghours. En 2006, il créa Uyghurbiz.net, un site en langue chinoise favorisant le dialogue et la compréhension entre les Ouïghours et les Hans chinois. Au cours de son existence, le site fut fermé à plusieurs reprises et ses différents auteurs harcelés.

En 2009, il a été arrêté pendant plusieurs semaines après avoir publié des informations à propos d’Ouïghours qui avaient été arrêté-e-s, tué-e-s ou qui avaient "disparu" pendant et après des manifestations. Dans les années suivantes, il a été régulièrement assigné à résidence, et en 2013, alors qu’il devait prendre un poste en tant que chercheur invité à l'Université d'Indiana aux États-Unis, il a été détenu à l'aéroport et il n’a pas pu quitter la Chine.

Le 15 janvier 2014, Ilham Tohti a été reconnu coupable de séparatisme et condamné à l'emprisonnement à vie, après un procès de deux jours. De nombreuses déclarations ont été émises par les gouvernements occidentaux et l'Union européenne condamnant son procès et sa peine. Début 2016, plusieurs centaines d'universitaires ont adressé une pétition aux dirigeants chinois pour sa libération.

Dès sa nomination comme finaliste pour le Prix Martin Ennals plus tôt cette année, sa fille a déclaré: «Mon père Ilham Tohti a utilisé une seule arme dans sa lutte pour les droits fondamentaux des Ouïghours du Xinjiang: les mots; parlés, écrits, distribués et affichés. C’est tout ce qu'il avait à sa disposition, et c’est tout ce dont il avait besoin. Voilà ce que la Chine a trouvé de si menaçant. Une personne comme lui ne mérite pas d’être en prison, ne serait-ce même pour un jour.»

Le Président de la Fondation Martin Ennals, M. Dick Oosting, a déclaré: «La vraie honte de cette situation est que, en éliminant la voix modérée d’Ilham Tohti, le gouvernement chinois jette en fait les bases de l'extrémisme même qu’il dit vouloir empêcher.»

Les deux autres finalistes ont également été récompensé-e-s lors de la cérémonie de remise du Prix Martin Ennals.

Razan Zaitouneh (Syrie)

Razan Zaitouneh a consacré sa vie à la défense des prisonniers politiques, à répertorier les violations et à aider autrui à se libérer de l'oppression. Elle a fondé le Centre de Documentation des Violations (VDC), qui documente le nombre de morts et de mauvais traitements dans les prisons syriennes. Elle avait commencé à répertorier les violations des différents acteurs du conflit quand elle a été enlevée, avec son mari et deux collègues, le 9 décembre 2013. Leur lieu de détention demeure inconnu.

Zone 9 Bloggers (Ethiopie)

La prison de Kality, en Ethiopie, dispose de huit zones et détient de nombreux journalistes et prisonniers politiques. Un groupe de neuf jeunes militant-e-s se sont appelé-e-s «Zone 9» comme un symbole pour représenter l'Ethiopie dans son ensemble. Ils répertorient les violations des droits humains et font la lumière sur la situation des prisonniers politiques en Ethiopie. Six des membres du collectif ont été arrêté-e-s et accusé-e-s de terrorisme. Bien qu'ils aient été libéré-e-s, trois sont en exil tandis que quatre des six autres qui sont encore en Ethiopie font toujours face à des accusations et sont interdit-e-s de voyage.

La principale distinction du mouvement des droits humains

Le Prix Martin Ennals pour les défenseur-e-s des droits humains est une collaboration unique entre dix des plus importantes organisations mondiales des droits humains pour protéger les défenseur-e-s dans le monde entier. Le Jury est composé des ONG suivantes:

  • Amnesty International
  • Front Line Defenders
  • FIDH  
  • Commission internationale de juristes
  • Human Rights Watch
  • EWDE Allemagne
  • Human Rights First
  • Service Internat. pour les Droits de l’Homme
  • Organisation Mondiale Contre la Torture
  • HURIDOCS

Contact

Anne Bonvin Bonfanti

Département des finances et du logement
Conseillère de direction

Tél.+41 22 418 22 43
Fax +41 79 594 14 92
anne.bonvin-bonfanti(at)ville-ge.ch
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