Ville de Genève

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Mise à jour : 27 novembre 2014

Thème : Petite enfance, jeunesse et loisirs 

25 ans des droits de l'enfant: la participation au cœur des préoccupations

Les manifestations organisées par la Ville de Genève à l’occasion des 25 ans de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant se sont terminées avec une centaine d’enfants sur la scène du Bâtiment des Forces Motrices pour un concert grand public qui a réuni plus de 1000 personnes, parents, amis. Avant cela, pendant deux jours, près de 700 personnes étaient réunies au CICG pour un Colloque «La Révolution silencieuse» qui a donné la parole à de nombreux spécialistes. Morceaux choisis.

Colloque sur les 25 ans des droits de l'enfant au CICG
© DR

Dans son allocution d’ouverture, Esther Alder, Conseillère administrative en charge du Département de la cohésion sociale et de la solidarité, a souligné que l’intégration des enfants à tous les échelons de la politique municipale et le renforcement de leur participation aux activités de la Cité sont les pistes prioritaires qu’elle allait soumettre au Conseil administratif dans le cadre du plan d’actions qui sera élaboré au terme de la démarche «2014, année de l’enfance». La Ville de Genève envisage de développer des «sessions» d’enfants pour leur permettre de débattre et d’exprimer leurs idées. Elle va aussi initier les enfants à la rédaction de pétitions.

De la violence à la dignité

Co-organisateur du Colloque, Jean Zermatten, Directeur de l’Institut des droits de l’enfant, a relevé que la dignité est certainement «la réponse à l’équilibre que l’on doit trouver entre la vulnérabilité de l’enfant, être non achevé et à protéger et l’enfant, être «complet», qui a le droit de participer.» Cette reconnaissance, ajoute cet infatigable défenseur de la cause des enfants, implique «un changement de mentalité pour mettre en place les instruments qui permettent à l’enfant de participer réellement et progressivement à la vie de la Cité».

Pour une participation exécutive

Directeur de l’Institut universitaire Kurt Bosch, Philip Jaffé lui a fait écho en s’appuyant sur les travaux de Gerison Lansdown pour décliner trois types de participation, consultative, collaborative et exécutive. M. Jaffé a souligné que la participation dite exécutive est un processus qui permet aux enfants d’agir pour affronter les problèmes qu’ils considèrent comme importants. Dans ce cadre, les adultes cèdent une partie de leur pouvoir et se limitent à aider les enfants qui contrôlent le processus. 

Des outils concrets

Philippe Meirieu va dans le même sens en soulignant que la responsabilité de l'adulte est «de prendre les enfants tels qu’ils sont, afin de leur permettre de se dépasser pour devenir des êtres libres et responsables. Le pédagogue français a cité Korczak pour rappeler qu’avant la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, le célèbre médecin polonais avait mis au point des outils de participation, dont une fameuse Boîte aux lettres, offrant à la fois un espace aux enfants pour faire valoir leurs doléances tout en leur imposant  de les penser et de les mettre en mots. Citons encore des idées audacieuses pour l’époque de Korczak telles que son Règlement des bagarres, son Tribunal des enfants, et encore la fameuse Petite Revue par et pour les enfants.

Les enfants  n'existent pas!

Signalons encore l’intervention de Martine Kurt, secrétaire générale de l’ARTIAS, qui a relevé d’emblée le fait que près d’un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale en Suisse sont des enfants mineurs, une réalité qu’il est plus confortable de cacher. «Comme si les enfants n’existaient pas», souligne Martine Kurt en pointant ce paradoxe d’une époque qui surinvestit les enfants, tout au moins dans l'imaginaire et dans l'affect et qui, dans le même temps, nie en quelque sorte leur existence réelle et refuse de leur faire une place dans les «affaires des grands».

Pour apprendre à gérer les écrans: 3-6-9-12

Dans son intervention «Etre enfant à l’ère numérique», le célèbre psychiatre Serge Tisseron a développé les grands axes de sa campagne 3-6-9-12 à l’usage des parents et des professionnels pour les inviter à maitriser l’usage des écrans par les enfants. Les adultes sont confrontés, souligne Serge Tisseron, à la double injonction des marchands d’écrans et aux exigences grandissantes des enfants. Ils ne savent plus très bien sur quelles règles se baser. «Certains s’accrochent aux repères du passé, tandis que d’autres cèdent aux sirènes des fabricants de tablettes de toutes sortes. 3-6-9-12 ouvre une 3e voie pour encourager les bonnes pratiques, éviter les pièges afin que les enfants apprennent à se protéger des écrans tout en les utilisant pour renouveler le monde.»

Droits proclamés mais non respectés

«Qui a peur des droits de l’enfant?» La question est de Jacques Fierens, professeur de droit aux Universités de Namur, Liège et Louvain, qui souligne le fait que notre monde est faussement pédocentrique. Les droits de l’enfant sont en effet proclamés, mais pas respectés, parce qu’il est difficile aux adultes de céder une parcelle de leur pouvoir. Jacques Fierens a développé ses arguments sous la forme d’un conte, en citant non seulement  Kipling et les célèbres personnages du Livre de la jungle, mais aussi Kant, Rousseau, Nietzsche et Michel Tournier, pour le plus grand plaisir des adultes présents!

Contact

Manuelle Pasquali de Weck

Adjointe de direction en charge de la communication Département de la cohésion sociale et de la solidarité

Tél.+41 22 418 49 13
Fax +41 22 418 49 01
manuelle.pasquali-deweck(at)ville-ge.ch
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