Ville de Genève

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Mise à jour : 28 août 2012

Découvertes archéologiques d'importance pour Genève à l'esplanade Saint-Antoine

MM. François Longchamp, conseiller d’Etat chargé du département de l’urbanisme (DU), Rémy Pagani, maire de la Ville de Genève et Jean Terrier, archéologue cantonal, ont présenté ce matin le résultat de fouilles archéologiques d'importance pour Genève: des traces de fortifications (mottet de Saint-Laurent) et une casemate remontant tous deux au 16e siècle ainsi qu'une quinzaine de tombes datant du Haut Moyen Âge (6e-8e siècle après J.-C.). Ces dernières attestent la présence de l'ancienne église de Saint-Laurent sur ce site.

Ces découvertes majeures ont été mises au jour progressivement depuis mai 2012 dans le cadre du réaménagement de l'esplanade de Saint-Antoine mené par la Ville de Genève.

Contexte des découvertes

Les découvertes archéologiques ont été effectuées dans le cadre du chantier de réaménagement du bastion de Saint-Antoine dirigé par la Ville de Genève. Incluse dans ce bastion, l'esplanade Saint-Antoine est connue pour former le coeur d'un riche secteur archéologique et conserve de nombreux vestiges de fortifications datant du 16e-17e siècle.

Au 16e siècle justement, dans un contexte de guerres et de persécutions, la ville change de système de fortification pour passer de hautes enceintes médiévales à des murailles plus basses et munies de bastions défensifs. Cela est particulièrement vrai pour ce flanc est de la ville, dont la situation à niveau avec son environnement naturel direct le rendait vulnérable aux attaques ennemies.

En janvier 2010, le service cantonal d'archéologie entreprend, en parfaite collaboration avec la Ville de Genève, plusieurs sondages à l'emplacement du chantier actuel. Ces investigations révèlent les éléments conservés du bastion, datant de 1559-1560.

Un enchaînement de découvertes

Etant donné le caractère historique avéré de ce site, des fouilles archéologiques débutent simultanément au démarrage des travaux de réaménagement de l'esplanade de Saint-Antoine en avril 2012. Les recherches révèlent tout d’abord, à deux mètres de profondeur, un pan de l'ancien mottet de Saint-Laurent construit en 1537. Il s'agit d'un terre-plein (amas de terre élevé), en forme de prisme, aménagé à l'avant du mur d'enceinte et délimité par un large mur de plus de trois mètres. Cet ouvrage avait d'ailleurs déjà été repéré, en avril de cette année, à cinq mètres de profondeur dans la cour du Collège Calvin.

Lors du dégagement du mottet, une tombe datant environ du 6e-8e siècle est mise au jour. Cette découverte prouve que cette fortification n'a pas été construite sur des remblais provenant des fossés creusés en contrebas, mais qu'elle a été érigée sur le terrain préexistant des Crêts de Saint-Laurent.

Fin juillet-début août 2012, la poursuite des fouilles révèle la présence d’une quinzaine de tombes installées sur trois terrasses aménagées dans la pente qui descend en direction du lac. Construites en dalles de schiste, de molasse ou de calcaire et datant également du Haut Moyen Âge (6e -8e siècle), ces sépultures ont été retrouvées à diverses profondeurs. Leur disposition plus dense sur la zone inférieure, ainsi que la découverte d'un reste de mur, semblent indiquer que ces tombes étaient confinées dans un lieu fermé. Il s'agit de l'ancienne église de Saint-Laurent, dont l’emplacement exact demeure inconnu à ce jour et qui fut détruite en 1527, pour permettre l'édification du mottet.

Insérées dans le réseau des tombes en dalles, des sépultures plus tardives et déposées en pleine terre ont aussi été dégagées. Il pourrait s'agir de victimes de la peste, inhumés sur les éléments défensifs à l’écart de la cité, dans des fosses plus profondes qu'à l'ordinaire.

Enfin, à l'extrémité sud-ouest de l'esplanade, les fouilles ont rendu visible une casemate très bien conservée depuis 1559-1560. Il s'agit d'un passage souterrain utilisé par la garnison en place pour atteindre les chambres de tir situées sur le flanc sud du bastion, conservé à ce jour dans le parking de Saint-Antoine.

Importance pour Genève

Ces découvertes revêtent une grande valeur patrimoniale, elles enrichissent l’état des connaissances archéologiques liées au site de la vieille-ville: des traces de leur existence figurent déjà dans les recueils historiques. Elles permettent, entre autres, de situer précisément le mottet et peut-être l'ancienne église de Saint-Laurent et de combler ainsi d'importantes lacunes sur le flanc est de la ville. La succession des découvertes réalisées et les points forts de l'histoire de Genève qu'elles mettent en lumière, ont justifié l'extension de la zone archéologique sur la partie nord de l'esplanade, autorisant une prolongation des investigations pour une durée de six mois. Le chantier de réaménagement du bastion, mené par la Ville de Genève est suspendu pendant cette durée et reprendra à la fin de la campagne de fouilles.

Quel avenir pour ces vestiges?

A la fin de cette période, les découvertes seront analysées en laboratoire et leurs résultats feront l'objet de publications à destination du public. Les traces du mottet, de l'ancienne église de Saint-Laurent ainsi que des sépultures, ne feront vraisemblablement pas l'objet d'une mise en valeur in situ. Mais la décision reste ouverte et dépendra de ce qui sera encore découvert sur le site. Des visites publiques du lieu seront organisées. Quant aux pièces les plus intéressantes, elles seront ponctuellement exposées au Musée d'art et d'histoire ou alors conservées au sein du service cantonal d’archéologie. Une mise en valeur contextuelle est par ailleurs à l'étude pour la casemate, qui permettra au public de la visiter et de prendre connaissance de l'ensemble des vestiges découverts sur les lieux.

Aménagement de l'esplanade Saint-Antoine

Les travaux de réaménagement de l'esplanade de Saint-Antoine menés par la Ville de Genève ont pour objectif de sécuriser et de remettre à neuf ce site mais aussi de l'harmoniser, au niveau des espaces et du paysage, avec la promenade adjacente. Le projet prévoit entre autres l’abaissement du terrain, la pose d'un nouveau revêtement, la plantation de tilleuls et l'aménagement d'un nouveau mobilier urbain en bois.

Le dossier de presse complet comprenant des images des découvertes est disponible sur le site web officiel de l'Etat de Genève.

Pour toute information complémentaire

Jean Terrier, archéologue cantonal, service cantonal d’archéologie, DU, tél: +41 22 327 94 42;

Dominique Wiedmer Graf, déléguée à l’information et à la communication, département des constructions et de l’aménagement, Ville de Genève, tél. +41 22 418 20 53 ou +41 79 817 18 90.

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